Arbre tropical pouvant atteindre 4 à 12 m de hauteur,

le cacaoyer produit environ 150 fruits chaque année.

 

 

                                                    cacao_cacaoyer_thmb

 

Ces fruits,

appelés cabosses,

dont la couleur varie du jaune à l'orange,

renferment une trentaine de fèves de cacao bleuâtres plus ou moins grosses,

longues ou aplaties selon la variété.

 

                                                        cacao
A l'heure actuelle,

la majeure partie de la production mondiale vient d'Afrique de l'Ouest,

et notamment de la  Côte d'Ivoire qui en cultive près de la moitié.

 

 

                                                 cacaon

 

Les autres grands producteurs de fèves sont le Ghana,

l'Indonésie,

le Nigéria,

le Brésil,

le Cameroun et l'Équateur.

 


 

                                           cacao_cabosse_thmb
Le cacao,

de l'aztèque  cacahualt,

était à l'origine consommé sous forme liquide par les Aztèques,

qui  le mélangeaient à la farine de maïs pour donner le xocolatl, littéralement eau amère.

 

Très précieuses aux yeux de ces populations,

les fèves de cacao servaient également de monnaie d'échange.

 

                                            cacao

 

 

 Alors qu'en 1502,

Christophe Colomb est confronté à ces fameuses fèves,

il n'y voit pourtant aucun intérêt.

 

Ce n'est qu'en 1524 que Hernan Cortés ramène de son périple au Mexique le cacao, auquel les Espagnols ont la brillante idée d'adjoindre du sucre.

 

Dans le but de répondre à une demande grandissante,

Espagnols et Portugais décident d'implanter peu à peu des cacaoyers en Afrique,

tandis que les Hollandais privilégient l'Asie du Sud-Est.

 

 Ce n'est qu'à la suite du mariage de Louis XIII à Anne d'Autriche,

fille du roi d'Espagne en 1615,

que la France  découvre le chocolat.

Longtemps consommé en boisson,

il  faut attendre le 17ème siècle pour goûter le chocolat sous forme solide,

puis le 19ème pour déguster les premières tablettes.

 

 

                                                  chocolat_chaud

 

Ces avancées successives sont le fruit du travail des premiers chocolatiers tels le hollandais Van Houten,

le Français Meunier ou l'Anglais Cadbury.

 

 

                                                 chocolat

 

Des noms qui,

aujourd'hui encore,

sont associés à des marques de chocolats prestigieuses.
       
     
Comment fabrique t-on le chocolat ?

 

Les fèves de cacao sont recouvertes d'une pulpe blanche gluante qui servira à une première fermentation au soleil,

au cours de laquelle les premiers arômes de cacao se développent.

 

Elles sont ensuite triées,

nettoyées,

torréfiées,

puis concassées,

et enfin réduites en poudre,

afin d'être mélangées au beurre de cacao et au sucre pour donner le chocolat.

A travers les différentes étapes de la fabrication du chocolat,

le cacao va apparaître sous diverses formes.

 

On distingue ainsi la pâte de cacao,

masse onctueuse et amère qui contient encore 45 à 65 % de beurre de cacao,

matière grasse naturelle du cacao extraite par pression que l'on ajoute à la poudre de cacao pour donner la pâte du même nom.

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Le roi de France Louis XIV et l'infante d'Autriche Marie-Thérèse,
tous deux âgés de 21 ans,
se marient à Saint-Jean-de-Luz (Aquitaine).
Cette union scelle la paix signée dans les Pyrénées,
sept mois plus tôt,
qui mit fin à l'interminable guerre qui opposait la dynastie française des Bourbons et la dynastie espagnole des Habsbourg.
En 1667, parce que l'Espagne n'a toujours pas payé la dot,
Louis XIV revendiquera ses droits sur la succession espagnole,
entraînant la guerre de Dévolution (1667-1668).


Le chocolat franchit officiellement les Pyrénées avec Anne d'Autriche,

fille de Philippe II d'Espagne qui emporte du cacao dans sa corbeille de noces.

Elle a même amené sa molina,

une servante experte dans le maniement du moulinet pour faire mousser le chocolat.

Son époux Louis XIII est séduit et offre des douceurs chocolatées à ses plus fidèles courtisans.

 

Richelieu en consomme pour soigner sa rate;

les femmes pour reprendre des forces alors que les journées à la cour sont longues et épuisantes;

tout est prétexte pour siroter une tasse de chocolat chaud.

 

Le jeune Louis XIV qui avait l'âme d'un cuisinier et aimait concocter de petits plats dans ses appartements,

n'avait pas un très grand penchant pour le chocolat et déclarére que "cet aliment trompe la faim mais ne remplit pas l'estomac".

Par contre,

en 1659 il accorde par lettres patentes le privilège exclusif,

pour une durée de 29 ans,

de la fabrication et de la vente d’une "certaine composition que l’on nomme le chocolat (.)

soit en liqueur ou pastilles ou en boîtes,

ou en telle autre manière qu’il lui plaira" sur toute l’étendue du royaume et l'ouverture de la première chocolaterie dans le quartier des Halles.

 

La saga du chocolat se poursuit avec Marie-Thérèse d'Espagne qui épouse en grande pompe Louis XIV.

La chronique de l'époque raconte que la pauvre petite Infante,

solitaire,

mal aimée,

puisait dans une tasse de chocolat épicé et parfumé à la cannelle toute la nostalgie de son pays natal.

 

En 1705, on ouvre à la cour une nouvelle charge:

celle de chocolatier de la reine.

 

Dès 1761,

Bayonne possédait sa propre corporation de chocolatiers.

Introduit par la communauté Juive chassée d'Espagne par l'Inquisition,

le commerce du chocolat devint bien vite une vraie spécialité de la cité.

Elle en développa la fabrication artisanale,

important directement les fèves de cacao d'Amérique.

Le «chocolat de Bayonne» parfumé à la cannelle,

longtemps consommé liquide,

conserve encore aujourd'hui ses spécialistes,

aussi bien à St-Jean-de-Luz,

Anglet,

Biarritz qu'à Bayonne.

 

On doit aux premiers Juifs venus se réfugier dans le Sud-Ouest de la France les premiers bonbons au chocolat.

Dans le Sud-Ouest on utilisait le cacao comme boisson ou en cuisine,

notamment le fameux lièvre au chocolat qui n'avait rien à voir avec le lapin EN chocolat.

Ils savaient travailler le sucre et la confiserie.

Puisque c'étaient de grands commerçants,

ils avaient obtenu - parce que le Carême était très dur et les messes étaient très longues - ils avaient expliqué aux autorités catholiques que le chocolat était d'ordre végétal donc ne touchait pas les interdits et c'est ainsi qu'on a commencé à offrir dans les églises des bonbons au chocolat pendant les offices.

Chez moi,

enfant,

dans notre région,

à la sortie de la messe de Pâques,

les gens achetaient pour les enfants,

à l'église,

des petits œufs de Pâques en chocolat noir.

C'était du chocolat au chocolat.

Ils ont ainsi créé une nouvelle friandise festive.

 

Charles Barry ouvre sa première chocolaterie en 1842 pour se tourner vers la transformation en 1920 où il s'installe à Muelan.

 

Au matin,

grand-mère faisait épaissir sur le coin de la cuisinière,

le chocolat dans le lait chaud qu'elle versait à la louche dans de gros bols de faïence.

En Bretagne,

de couleur crème,

liseré de bleu,

chaque bol portait en lettres manuscrites,

le nom des petits .

et parfois des grands.

 

Au retour de l'école,

pour le goûter de 4 heures,

on nous donnait un quignon de pain et un morceau de chocolat estampillé d'un éléphant qu'on prenait le temps de grignoter tout autour.

 

Encore de nos jours,

le petit déjeuner se prend avec des croissants ou des chocolatines que l'on trempe dans un bon bol de café .

ou de chocolat chaud.

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